Nerprun

Le nerprun et la biodiversité

L’APEL s’intéresse particulièrement au nerprun depuis 2018. 

Voici donc des renseignements à ce sujet de même que les actions que nous entreprenons.

Les premiers plants de cette plante ont été amenés en Amérique du Nord vers la fin du XIXe siècle à titre d’arbuste ornemental, pour établir des barrières contre le vent et pour combler des espaces dénudés. Le résultat a dépassé les espoirs du début. C’est maintenant une espèce exotique envahissante répandue dans l’ensemble du Canada et des États-Unis, sauf l’Alberta et quelques États américains.

Qu’est-ce que le nerprun?
Un nerprun adulte peut atteindre 6 mètres, ou 20 pieds, avec des rameaux épineux et des feuilles aux grosses nervures. Cette plante tolère une vaste gamme d’habitats et s’installe dans les zones ouvertes par exemple, près des sentiers. Elle est extrêmement vivace. Même une fois le nerprun coupé, des repousses apparaissent rapidement sur les troncs à découvert. Les milliers de graines qu’il produit sont viables plusieurs années.

Sa croissance étant très rapide, le nerprun remplace rapidement les espèces indigènes. Le principal vecteur de sa propagation est l’étourneau (autre espèce exotique!) qui mange et évacuent les fruits de même que son système racinaire. Complément d’information : Le nerprun et la biodiversité

Voici comment le reconnaître : Identification du nerprun

Pourquoi s’en préoccuper?
Le nerprun est particulièrement néfaste. Il fait partie des espèces exotiques envahissantes qui constituent le deuxième facteur de perte de biodiversité après la perte d’habitat. Il nuit à la faune et à la flore et aux humains. Complément d’information : Effets négatifs du nerprun

Les trouées causées par les coupes des frênes dues aux dégâts de l’agrile créent un environnement extrêmement favorable au nerprun. Un ingénieur forestier gatinois a dit, en pesant ses mots, que la situation actuelle est « préoccupante ». L’APEL, dans le cadre de sa mission de veiller à la protection de l’environnement, a décidé de procéder à une expérimentation de la meilleure façon de contrôler le nerprun, sinon de l’éradiquer. Complément d’information : Volet terrain du Projet nerprun de l’APEL

Et la biodiversité?
La biodiversité évoque l’idée de la diversité biologique de l’environnement. Une forêt en santé est composée de plusieurs espèces de plantes herbacées, d’arbustes et d’arbres de grande taille tant de feuillus que de résineux qui cohabitent en équilibre sur un même territoire. C’est une infrastructure naturelle vivante essentielle à la faune qui y retrouve couvert et alimentation. Pour les citoyens, l’aspect visuel est très important, ceux qui habitent près d’un boisé urbain s’attendent à ce que le leur soit composé d’arbres matures dans lequel il est facile de circuler.

Que fait l’APEL?
En 2018, l’APEL a fait du nerprun son cheval de bataille. Un Comité nerprun a été formé pour coordonner les activités. Grâce à une subvention du Fonds vert de la Ville de Gatineau et aux contributions financières de la Fondation TD des amis de l’environnement, du ministère de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques, des Caisses Desjardins, de la conseillère du district et de commerçants locaux, le Projet nerprun a pu être mis de l’avant.

Des sessions d’information et de sensibilisation ont eu lieu. Le vendredi 6 avril 2018, il y a eu une première présentation de Simon Nadeau, biologiste, sur le nerprun et la biodiversité (Le nerprun et la biodiversité).

Le 16 juin, l’APEL a tenu une journée d’information sur le nerprun au Centre communautaire Limbour, au cours de laquelle trois présentations ont porté sur la nature du nerprun (voir la présentation du 6 avril ci-dessus), les moyens de contrôle et le projet de dans le parc René-Lévesque

Session du 16 juin 2018 - 1Outil pour arracher le nerprunSession du 16 juin 2018

Du 11 au 17 septembre 2018, une entreprise en arboriculture a coupé toutes les plantes herbacées (panais, verge d’or, framboisier) et tous les nerpruns sur une superficie de 45 mètres de long par 20 mètres et ils ont été transportés dans un site autorisé pour éviter toute contamination.

Il y a eu deux journées d’arrachage des nerpruns restants encore nombreux, les 22 septembre et 13 octobre. Ces activités ont été suivies de deux journées de plantation, dont une avec la participation de la Fondation TD de l’environnement, avec près de 70 bénévoles le 21 octobre et l’autre le 27 octobre avec une quinzaine de bénévoles de l’APEL. Par la suite, le 10 novembre, il y a eu la pose de la clôture anti-cerf sur une parcelle de 15 mètres par 20 mètres.

Plusieurs années de soins sont nécessaires pour éradiquer le nerprun car cet arbuste a un fort taux de régénération. Nous planifions de faire des « ménages du nerprun » à tous les printemps dans l’avenir.

Le Comité nerprun continue son action. L’APEL fera un suivi de la survie des plants en avril et mai afin de déterminer si une nouvelle plantation est nécessaire. Il faudra également voir à enlever toutes les repousses du nerprun et recouvrir toutes les souches d’une membrane foncée pour les empêcher de retiger. L’Association pour l’environnement de Limbour fera un appel à tous pour participer à ces « arrachages » et « recouvrements ». Un petit coup de pouce pour aider les plantes indigènes à reprendre la place qui leur revient!

Finalement, le Comité nerprun effectue un recensement des études scientifiques sur le nerprun de même que des activités de contrôle-éradication de cette plante dans la région, au Québec, dans les provinces et dans les États américains. Ce travail sera publié en 2019.

Comment le contrôler?
Des expérimentations portant sur l’utilisation d’un champignon ont lieu couramment. Cependant, le glysophate semble le plus efficace mais requiert des précautions particulières et pose des problèmes environnementaux. La coupe de tous les individus est la méthode la plus facile mais la plus laborieuse, car elle doit s’échelonner sur au moins cinq ans. Un reboisement est nécessaire pour permettre à la forêt de se regénérer plus rapidement. Complément d’information : Le contrôle du nerprun 

Concrètement, que puis-je faire dans mon environnement?
La première étape est d’arracher les plants dès leur apparition. Si vous découvrez des plants ayant jusqu’à 6 centimètres (2,25 pouces) de diamètre, vous pouvez emprunter à l’APEL un outil spécialisé d’extraction et l’on vous montrera comment l’utiliser! Au-delà de cette dimension, il est sage de communiquer avec nous : (819) 568-0357 ou apel_sec@yahoo.ca.

Que fait-on par ici et ailleurs?
Des tentatives ont été faites par des organismes privés ou d’autres ordres de gouvernement mais en faisant appel à leurs ressources ou à celles du privé. En voici quelques exemples :

Conservation de la nature Canada

Commission de la capitale nationale

Ville de Montréal

Ville de Chelsea

Fondation Hydro-Québec pour l’environnement : Éradication du nerprun cathartique

En Ontario, Iola Price, présidente du Ontario Invasive Plants Council mène un combat énergique contre le nerprun. Complément d’information : Nerprun cathartique

En Saskatchewan : Le nerprun cathartique – Vous en avez déjà?

Au Vermont : Vermont-invasives 2003

À Gatineau : La politique environnementale; Le Plan d’action 2014-2018 ; Le Bilan 2009-2013 du Plan d’action; Commission sur le développement du territoire, l’habitation et l’environnement

Autres renseignements :
Le bienfait des arbres